Hier matin, les habitants et les chauffeurs de taxis-be d’Ilanivato et Anosipatrana ont tenu une manifestation face à la montée rapide des eaux, inondant non seulement les rues et ruelles mais également bon nombre de ménages. « Cette situation se répète chaque année, notamment à cause des constructions illicites érigées sur les dalles. Elles favorisent la stagnation de l’eau et l’infiltration des eaux pluviales dans les habitations, au détriment des habitants», se désole J.R., résidente d’Ilanivato depuis une dizaine d’années. A cela s’ajoutent l’absence d’entretien des infrastructures et le non-respect du plan d’urbanisme, aggravant la situation. D’un autre côté, l’obstruction des canaux d’évacuation bloque l’écoulement normal des eaux de pluie. Désespérés, les riverains et usagers de cet axe sollicitent des mesures pérennes de la part des autorités compétentes.
Mais ce calvaire du côté d’Ilanivato et d’Anosipatrana n’est pas isolé. D’autres Fokontany des quartiers populaires, comme Andravoahangy, Besarety, Andranomanalina, Ambodin’Isotry ou encore Anosy vivent les mêmes difficultés. Les appels de détresse des habitants s’enchaînent durant la saison des pluies. Des actions de sensibilisation et d’assainissement des canaux y sont aussi entreprises au préalable, mais en vain. Le problème reste sans issue à cause des faits cités ci-dessus, notamment les constructions illicites.
Par ailleurs, les habitants des quartiers de la haute ville d’Antananarivo vivent dans l’angoisse en cette saison des pluies. Les risques d’effondrement de rochers s’intensifient, notamment dans les quartiers classés « zone rouge », à l’exemple d’Ankadilalana, Ambohipotsy, Manjakamiadana, Faliarivo Ambanidia, etc. Selon les dernières statistiques émanant du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), 1490 habitations sont en danger imminent. Par conséquent, une quarantaine de volontaires ont été mobilisés pendant deux jours, la semaine dernière, afin de renforcer les actions de conscientisations via des porte-à-porte. Depuis, certaines familles ont déjà quitté les lieux à risque. D’autres ont choisi de rester, tout en redoublant de vigilance face aux éventuels effondrements de rochers ou glissements de terrain. Les sensibilisations se poursuivent!
P.R.








